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LE CHIEN PEUREUX : UNE GESTION PARTICULIÈRE

1. D’où vient la peur ? 

Le chien a été domestiqué par l’homme et ce dernier s’est vite aperçu qu’il pouvait utiliser certains caractères du chien et certaines aptitudes pour des travaux comme la garde et la chasse. Ainsi sont nées des races et une sélection artificielle dont la finalité était d’exploiter certains items comportementaux. La méfiance en fait partie. Elle a été cultivée pour la garde et la protection des troupeaux, des individus et de leurs biens. Il n’est donc pas étonnant d’obtenir des chiens « naturellement » peureux, ou du moins méfiants et distants. Il s’agit d’un comportement normal, recherché par l’homme. Ce tempérament doit être repéré précocement afin de choisir l’adoptant en conséquence.
Par ailleurs, le milieu de développement comportemental a une influence déterminante sur l’état émotionnel du chiot et du futur chien. Le chiot apprend son environnement et se  familiarise aux éléments contenus dans cet environnement. Or, le milieu de vie ultérieure du chien après adoption par une famille n’est souvent pas pertinent pour le jeune chien et parfois très éloigné du milieu de l’élevage.
L’homme attend de son nouveau chiot qu’il soit à l’aise chez lui, dans la rue, dans la voiture, quels que soient les bruits et mouvements urbains qui l’entourent. Le chiot, bien que domestiqué à l’homme, n’est pas programmé pour se fondre dans toute vie humaine sans un minimum d’apprentissage. En l’absence de stimulations, et d’exposition à des situations variées, le chien se montre craintif, voire très peureux, et peut se mettre à paniquer, voire à agresser ceux qui l’entourent. L’inconnu demeure pour lui source de danger qu’il ne peut gérer facilement. Ses réactions de crainte spontanées sont donc le fait de lacunes dans l’apprentissage des gammes de stimulations auxquelles il est amené à être confronté tout au long de sa vie.
Enfin, l’ensemble des situations vécues par le chien forge son expérience de vie. Et lorsque celle-­ci est encombrée d’événements fortement négatifs, le chien garde en mémoire les situations traumatisantes. Il peut se sensibiliser au lieu ou à la situation qui a été mal vécue et ne plus la supporter, refuser ainsi de monter en voiture, d’aller chez le vétérinaire, de sortir dans la rue, d’enfiler une laisse et un collier, tout cela lui rappelant de mauvais souvenirs. Il peut aussi devenir peureux d’une personne ou d’un lieu qu’il a associé à l’événement dangereux alors que, ni le lieu ni la personne ne sont mêlés directement à l’événement. Ainsi, un chien peut agresser un type de personnes présentes lors d’un événement douloureux.

 

2. Que faire ?  

Pour réduire une peur, il est essentiel de l’avoir analysée. Pour cela, il faut fouiller dans le passé du chien. Mais si le passé explique le présent, la peur peut se manifester de façon variée en fonction du tempérament individuel. Crainte, recul, fuite, évitement,  tremblements, piloérection, grognements et attaques caractérisent le tableau comportemental de la peur. Ces manifestations sont indépendantes des causes mais sont le reflet de la structure émotionnelle propre à chaque chien. Un chien méfiant assertif aura tendance à l’agression, alors qu’un chien craintif et timide aura tendance à la fuite. Quelles que soient les causes de la peur, génétiques (certaines races sont plus fragiles), développementales (par déficit de stimulations) ou traumatiques (stimulations vécues négativement), les solutions varient surtout en fonction de deux critères : la capacité adaptative du chien (en particulier la capacité à renouer avec le plaisir), et le type de signe de peur (les agressions sont plus difficiles à appréhender que les réactions de fuites du fait de leur dangerosité). 
Il faut procéder par désensibilisation d’abord. C’est-à-dire exposer très progressivement le chien au stimulus qui lui fait peur, d’abord à une intensité qui n’entraîne aucune réaction, puis augmenter le niveau en évitant de provoquer des réactions de peur. Le chien doit toujours pouvoir fuir et échapper à la situation. La progression devient efficace dès lors que l’on apprend à bien observer les réactions émotionnelles de l’animal. Ensuite, il faut procéder par contre-­conditionnement. Il s’agit d’associer la situation vécue négativement à un stimulus-plaisir (nourriture, jeu, présence du maître, congénère) et ainsi faire oublier les aspects dangereux du stimulus négatif. 
Enfin, il est important de développer en parallèle des activités de plaisir avec le chien, renforcer un lien de confiance avec le maître par une éducation très exigeante mais positive, et bannir toute forme de coercition qui augmente le niveau de mal-­être général du chien. Il est fondamental de prendre en compte l’équilibre émotionnel du chien pour amélioration de sa qualité de vie.

LE CHIEN QUI MANGE LES CROTTES

1. Les situations de coprophagie 

Quand le chien mange les crottes, ce comportement est appelé coprophagie. Il consiste en l’ingestion de matières fécales soit de celui qui les produit et les dépose dans l’environnement, soit d’un autre individu.
À la naissance, l’immaturité des sphincters oblige la mère-chien à stimuler la zone anale par léchage afin d’aider le jeune à éliminer ses excréments. La mère ingère les selles du nouveau-né. Ceci est un comportement normal.
Par la suite, vers l’âge de trois semaines, lors des premières explorations, le chiot met en gueule tout ce qu’il trouve et en particulier mange ses selles ou celles de ses congénères. Là encore, il ne faut pas considérer cela comme anormal ou pathologique. Le chien est un carnivore. Dans la nature, il chasse des proies dont il ingère naturellement le contenu du tube digestif. Pour le chien, cela est très appétant. 
Cette coprophagie est parfois excessive dans les cas suivants : 
Lors de malnutrition et d’insuffisance d’apport alimentaire, le chien s’oriente vers les excréments et les ingère d’autant plus aisément.
Lors de parasitisme digestif, d’aliments faiblement digestibles ou d’insuffisance pancréatique (déficit en enzymes digestives), le chien est susceptible de rechercher et d’ingérer plus fréquemment ses excréments.
En dehors de ces causes organiques, il s’agit d’un comportement normal qui s’adapte aux situations quotidiennes.
Les chiens nombreux enfermés en chenil et bénéficiant de peu de sorties sanitaires ont tendance à manger leurs crottes. En effet, le chiot, naturellement fait ses besoins à distance des lieux de repas et de couchage. S’il est obligé de tout faire au même endroit, il peut être tenté d’ingérer ses crottes afin de les éliminer du lieu de repas ou de repos. Cela l’incommodera moins.
Les chiens qui voient d’autres chiens manger des crottes peuvent être tentés d’en faire autant. En groupe, de nombreux comportements sont appris par facilitation sociale. Dans un contexte familial avec les hommes, le chien qui mange ses crottes ou celles d’un congénère ou celles d’un  herbivore (crottin de cheval rencontré en promenade) ne présente pas un comportement anormal.
 

2. Comment y remédier ?

Il ne s’agit nullement d’un trouble du comportement mais simplement d’un comportement gênant et désagréable pour les humains qui se font lécher le visage !
En revanche, il est le fruit d’un apprentissage. Il peut donc être changé par apprentissage. En effet, l’ingestion des selles constitue une récompense. Et lorsque le maître se précipite pour dire sévèrement « non », le chien dévore les crottes encore plus vite pour qu’elles ne lui échappent pas. L’appétence est donc, en soi, un renforcement positif puissant. Donc plus on cherchera à lui retirer, plus le chien cherchera à les gober au plus vite. Il ne s’agit pas d’une compétition pour dominer mais seulement d’un comportement appris et renforcé.
En promenade, on peut utiliser une longe, et lorsque le chien se retourne après avoir fait ses besoins, l’attirer en l’appelant et en tirant légèrement sur la longe puis donner une friandise dès qu’il vient. Il faut créer un conflit de motivation afin que le chien soit plus attiré vers le maître et sa récompense que vers les crottes.
Il est conseillé de promener le chien lorsqu’il est rassasié et non à jeun. 
Lorsque le chien s’éloigne et réussit à attraper des crottes hors de la surveillance du maître, il est impératif de ne pas réagir et d’ignorer le méfait. On peut aussi se cacher pour que le chien vive un stress de perdre le maître pendant qu’il ingère les crottes. S’il a peur de perdre son maître, il peut associer ce stress au moment de l’ingestion et abandonner l’ingestion au profit de la recherche du maître. Mais s‘il a déjà ingéré les crottes, il est inutile de le disputer. 
Il arrive aussi que le chien ingère ses crottes produites lorsqu’il est à l’intérieur de la maison, quand il est seul. En général, c’est parce que le maître a sanctionné le chien d’avoir fait ses besoins à l’intérieur. Le chien les avale pour éviter la sanction, donc par renforcement négatif. Il est essentiel de réapprendre au chien à faire ses besoins dehors exclusivement par renforcement positif. La coprophagie disparaît alors de fait car le chien ne fait plus ses besoins dedans.

APPRENDRE AU CHIEN À RESTER SEUL

Le chien est une espèce sociale. Il a besoin d’interactions nombreuses et variées au cours d’une journée. La solitude est un stress : comment apprendre au chien à gérer son stress et sa frustration ? Il est possible de le rendre tolérant à la solitude à conditions qu’il ait l’occasion, en parallèle, de se dépenser intensément.
Dès  l’arrivée  du  chiot,  repérer  son  tempérament,  dépendant  de  l’humain  ou  très indépendant. Couine-­t-il dès qu’il est seul dans une pièce, ou continue-­t-il de flairer partout et de découvrir son environnement quand vous quittez la pièce ? 
En fonction de ce tempérament de base, l’action du maître sera différente.
Commencer dès l’arrivée du chiot, en évitant d’être toujours « sur » lui. 
Alterner des moments de demande d’attention et des moments où l’on ignore le chiot. Avec  le  programme  « rien  n’est  gratuit »,  le  chien n’obtient une caresse que si il a effectué une bonne réponse à un signal envoyé par le maître. Donc ignorer les demandes gratuites de câlins. 
Les moments de jeux et d’interactions ludiques intenses doivent être organisés et prévisibles et non en réponse spontanée aux sollicitations du chiot. 
Promener et fatiguer le chien au moins deux heures par jour pour espérer pouvoir le laisser seul plusieurs heures. 
Faire travailler le chien, le faire promener, le faire jouer par des personnes différentes étrangères au foyer afin que le chiot ne se focalise pas uniquement sur sa famille. Confier le chien à diverses personnes pour le faire garder. Stimuler les rencontres avec les congénères et toutes les interactions sociales pendant que le maître s’éloigne du chien.
Au début, éviter de partir toute la journée, dès le lendemain de l’adoption. Le stress serait tellement important qu’il pourrait déclencher un traumatisme. Réaliser des absences courtes puis progressivement plus longues pour créer une habituation.
Les départs peuvent faire l’objet d’une ignorance du chien afin de les banaliser. Sortir et rentrer  sans faire attention à lui, plusieurs fois par jour. Sortir sans préparatifs (manteau, chaussures, sacs) et faire des préparatifs sans sortir, afin de ne pas stimuler la vigilance et l’inquiétude du chien. 
Les départs peuvent aussi faire l’objet d’un rituel apaisant pour le chien à condition qu’il le perçoive comme réellement positif, comme un  os à ronger longuement, un Kong rempli d’aliment, un jouet particulièrement apprécié ou un doudou à materner en l’absence des maîtres. Ce type d’habitude permet au chien de rendre l’absence prévisible et de diminuer le stress de l’inconnu. Le chien, en recevant l’objet apprécié, sait que le maître part puis revient. 
Si l’absence est longue (plus de 8 heures par jour), ne pas hésiter à confier le chien à une « crèche pour chiens » ou à un « dog sitter ». Il est normal qu’un chien ne puisse supporter une absence de plus de 8 heures. Dans ce cas, il ne faut pas chercher à l’habituer. Seul un mode de garde adapté peut constituer la bonne solution. 

COMMENT CONSTRUIRE UNE BONNE RELATION ENTRE LE CHIEN ET SES MAÎTRES ?

La relation entre l’homme et le chien date de la domestication du chien. Celle-­ci s’est instaurée sur la base d’une coopération. Le chien et l’homme sont donc faits pour être amis pour la vie. Comment construire durablement une relation sans nuage ?   
 

1. VARIER LES CONTACTS 

• Favoriser les interactions sociales dès l’adoption : écoles de chiots, sorties dans les caniparcs, jeux avec des congénères adultes de taille proche ou non. 
• Favoriser les interactions avec des types humains variés (adultes, enfants, hommes et femmes, allures et couleurs variées, avec port de vêtements et chapeaux variés) dans des interactions toujours agréables 
• Interactions et manipulations franches et fréquentes sans traumatisme : le chiot n’est ni une poupée de porcelaine, ni une poupée de chiffon. Vérifier lors de toutes ces interactions que le chiot n’exprime aucune peur. 
• Laisser le chiot s’approcher de toute personne pour la flairer ou la lécher. N’empêcher aucun contact spontané amical. N’empêchez pas le chiot d’aller rencontrer ses congénères ou des personnes extérieures à votre foyer. Il faut éviter qu’il ne connaisse que ses maîtres. 

 
2. CONTACTS POSITIFS AVEC LES HUMAINS 

Le chiot se construit une représentation de l’humain par le type d’interactions vécues avec lui. Toutes les interactions doivent être amicales. Eviter les interactions menaçantes et répressives. Le chien se ferait une idée négative de son maître. Néanmoins, il ne faut pas le laisser tout faire. Votre chien ne peut pas savoir ce qui est bien ou mal. Il faut le guider : 
• Attirer l’attention du chien, lui montrer ce qu’on attend de lui, puis le récompenser de l’avoir exécuté.
• Ne pas prendre contact avec le chien sans avoir appelé le chien préalablement afin d’être sûr qu’il soit consentant.
• Proposer de nombreuses activités au chien et canaliser ainsi toutes ses explorations et son besoin de découvertes en incitant aux bons comportements.
• Ne jamais mettre le chien en situation d’exécuter un mauvais comportement en le laissant faire ce qu’il veut, puis en le punissant. Par exemple, si vous ne pouvez vous en occuper, il vaut mieux le mettre dans un parc que de le laisser faire seul une bêtise. 
• Récompenser systématiquement tout acte bien exécuté. 
 


3. BANNIR TOUTE RELATION DE SUBORDINATION 

La relation construite sur la subordination avec des interactions autoritaires construit un chien peureux et non soumis. Un chien dont la relation à l’homme est forgée dans la peur de la répression, se construit dans la méfiance, laquelle génère des agressions. 
Il est donc déconseillé de vouloir « soumettre » le chien en lui montrant qui «commande». Cela est source de conflits et de contentieux entre le chien et le maître. 

 
4. GÉRER LA DISTANCIATION ET APPRENDRE LA SOLITUDE  

Le chien est un animal social. Il est naturel qu’il recherche la présence d’un maître ou d’un congénère pour des interactions amicales ou pour jouer. La solitude est un stress. Il faut lui apprendre progressivement à savoir se passer de vous. 
• Dire « non » pour stopper un mauvais comportement : ce n’est pas une mesure répressive, mais disruptive, si on réoriente de suite le chien vers un bon comportement susceptible d’être récompensé. Il est donc essentiel de stopper très vite un mauvais comportement et d’établir un retour au calme puis de proposer de suite un ordre connu du chien pour l’engager dans un bon comportement. 
• Ne pas répondre à toutes les sollicitations du chien. Le laisser derrière une barrière ou dans un parc n’est pas une sanction mais lui apprend à gérer sa frustration et ses émotions. Le chien doit comprendre que le maître n’est pas toujours disponible. Il apprend l’autonomie.
• Ne laisser un chien enfermé seul et sans interaction pendant plusieurs heures quotidiennement, que si parallèlement on lui offre plusieurs heures d’activités physiques et sociales et un environnement très stimulant le reste du temps. 

LE CHIOT QUI MORDILLE

1. C’est un jeu ! 

Le mordillement est naturel chez le chiot. Contrairement aux primates, les canidés ne peuvent saisir des objets avec leurs pattes. Ils se servent exclusivement de leur gueule pour attraper un objet. 
Dès  le  début  de  la  période  de  socialisation,  vers  l’âge  de  trois  semaines,  lorsque s’engagent les premiers jeux sociaux, les chiots prennent en gueule tous les objets à leur portée mais aussi leurs congénères pour jouer. Ils se saisissent et se renversent, se coursent  et  s’attrapent  avec  les  dents. Parfois un chiot crie, l’autre lâche et le jeu recommence. Le jeu est essentiel, si ce n’est vital, pour le  développement comportemental du chiot. Il est inscrit dans son répertoire comportemental et ne doit pas être empêché. Au cours de cette période de socialisation, c’est par le jeu que les chiots apprennent à s’ajuster et à se côtoyer amicalement. Le rôle de la mère-chien est mal étudié. Les chiots semblent peu stressés lors de ses absences et il n’est pas certain qu’elle leur apprenne « l’inhibition à la morsure ». Aucune étude n’a permis de montrer qu’une fratrie séparée de la mère avant huit semaines présentait plus de risques de mordillement  excessif  qu’une  fratrie  restée  au  contact  de  la  mère  au-delà  de  huit semaines. Par ailleurs, une étude a montré que les chiots présentant des mordillements excessifs n’avaient pas plus de chance de devenir des adultes présentant des risques de morsure accrue ou plus grave, que les chiots qui mordillaient moins. 
De nombreuses idées reçues doivent donc être abandonnées. 
Certains chiots dits « extrêmes » mordillent plus que les autres et sont plus actifs. Leur comportement exploratoire est plus intense. Ils présentent un tempérament intrépide. D’autres, au contraire, mordillent peu et se montrent plus calmes, moins intéressés par la prise en gueule d’éléments de l’environnement. Ils présentent un tempérament plus timide  et  réservé.  Dans  une  même  portée,  les  chiots  présentent  des  tempéraments différents.  Il ne s’agit donc pas d’un apprentissage  défaillant  mais  de  structures génétiques différentes. 
Même si le mordillement peut faire mal lorsque le chiot vous saisit la main ou le bras, il n’a aucune finalité agressive. C’est du jeu. Le jeu est par définition, un ensemble de comportements produits lors d’une interaction ludique amicale. Il n’existe alors aucune compétition. Aucun des deux protagonistes ne cherche à dominer l’autre.   


2. Que faut-il faire ? 

Il est faux de croire que l’humain doit alors s’affirmer comme dominant en réprimant ces comportements. Par la punition, l’homme risque  surtout de construire un lien  de mauvaise qualité avec le futur chien. 
Le besoin de mordillement doit être satisfait avec des objets autorisés ne présentant aucun risque, comme un Kong ou une corde solide. Il faut éviter les bouteilles plastiques qui peuvent se briser et dont certains petits morceaux peuvent être avalés.
Il est important de détecter le tempérament du chiot et d’orienter son adoption dans une famille qui saura utiliser positivement ce caractère. Un chiot qui mordille beaucoup sera canalisé dans des activités sportives intensives, avec un maître jeune et actif. Le chiot sera mis en présence de nombreux congénères et soumis à de nombreuses interactions sociales. L’idéal est de l’occuper avec des gros jouets en caoutchouc remplis de nourriture ou des os à mâcher longuement, et de lui offrir un milieu de vie où l’activité physique ne sera pas trop bridée. Il faudra éviter de le laisser enfermé de nombreuses heures au risque qu’il ravage votre maison. 
En aucun cas il n’est conseillé de réprimer le mordillement par la punition. Celle-ci peut apprendre au chiot à devenir agressif si son tempérament est assertif, ou à s’arrêter de mordiller par peur de la sanction et de se construire uniquement dans la peur. Ne pas accepter les mordillements doit se traduire simplement par le fait de ne pas jouer avec les mains et ne pas stimuler le chiot avec son corps, et parallèlement de le satisfaire avec des objets prévus à cet effet. On peut sans risque le faire jouer à tirailler une corde en tirant chacun de son côté. Dès l’instant que l’activité reste du jeu, il n’existe aucun conflit et aucune chance que le chien devienne plus agressif. 
Apprendre au chiot les interdits passe par des apprentissages par l’extinction (ignorer le mauvais comportement) ou par le renforcement  positif (récompenser le bon comportement). 
Dans tous les cas, le mordillement n’est pas une maladie mais un comportement inné inscrit au patrimoine génétique du chien et appartenant à  son répertoire comportemental, qui nécessite la mise en œuvre d’une éducation rigoureuse. 
Le  chiot  apprend  durant  toute  sa  vie  et  en  toutes  circonstances. Les maîtres doivent maintenir des activités éducatives riches au-delà de la période de développement.

LE LIEU DE COUCHAGE DU CHIEN ET SA CIRCULATION DANS LA MAISON

Pour les maîtres, la question se pose du lieu où l’on va faire dormir le chien. Faut-­il lui attribuer un lieu précis ? Peut-­on le laisser s’installer où il veut ? 
Contrairement aux vieilles idées reçues, il n’est pas nécessaire d’appliquer des recettes toutes faites autour de concepts tels que la hiérarchie.   

1. QUEL LIEU IDÉAL ? 

Aucun lieu n’est plus indiqué qu’un autre. Il faut s’adapter au tempérament explorateur du  chien. Quand le chiot arrive le premier jour, il est judicieux de faire le test de l’isolement pour déterminer le tempérament du chien. 
• Si le chiot gémit quand il se retrouve seul, le mieux est de le garder près de soi les premières nuits.
• Si le chiot s’accommode de rester seul dans une pièce, on peut le faire dormir seul. Les premières nuits, on peut aussi dormir dans la pièce où l’on veut faire dormir le chien par la suite pour le garder près de soi. Puis, c’est l’humain qui se déplace. 
Le mettre dans une cage de transport pour apprendre la propreté par restriction de l’espace, pour pouvoir déplacer la cage facilement, pour habituer le chien à sa cage lors des transports et des vacances, est une technique intéressante. 
Par ailleurs, il n’est pas obligatoire de lui attribuer un seul lieu de couchage, et encore moins dans un lieu retiré où il serait interdit d’aller lui rendre visite. Ces conseils anciens fortement teintés d’éducation hiérarchique sont reconnus aujourd’hui par de nombreux scientifiques comme dangereux pour une cohabitation pacifique avec sa famille humaine. 
Les hauteurs ne sont pas non plus interdites. 
Que le lieu soit choisi par le chien ou par le maître, il doit être apprécié du chien. 
Tout lieu peut être partagé entre le chien et ses maîtres, comme un canapé ou un lit. 
Il vaut mieux faire dormir le chien proche de l’humain s’il est craintif et méfiant pour installer une perception positive de l’humain et améliorer la confiance.

 
2. QUELS ESPACES DE CIRCULATION IMPOSÉS OU INTERDITS ?

Il n’est pas obligatoire d’interdire certains lieux. Il n’est pas obligatoire d’autoriser tous les lieux. Il vaut mieux être directif et limiter certains accès avec un chien très actif et à tendance fougueuse ou destructrice. A l’inverse, on incitera un chien timide à circuler et investir tous les lieux. 
Il est nécessaire pour l’autonomisation du chien de lui apprendre à savoir rester à distance de ses maîtres, derrière une porte fermée, ou enfermé dans une pièce ou une cage, pour le jour où il est nécessaire de l’écarter des activités humaines. 
L’humain doit pouvoir circuler partout dans son habitation sans être gêné ou empêché par le chien.
Il est important d’apprendre au chien s’il a droit ou non d’aller s’installer à un endroit. Il faut apprendre au chien à s’installer précisément à un endroit (assis et couché) afin de pouvoir le reproduire dans d’autres lieux (hôtel, maison d’amis, lieu de travail).

 
3. QUELLE MÉTHODE IDÉALE ? 

• Les lieux interdits doivent l’être pour des raisons pratiques humaines et non au nom de concepts dangereux comme la mise en place d’une hiérarchie. 
• Être constant et cohérent dans les autorisations et interdictions.
• Les lieux autorisés et recommandés doivent être appris positivement. Le chien autant que l’humain doivent y trouver leur compte. 
• Le lieu de couchage doit être appris exclusivement par renforcement positif afin que l’approche de l’humain près du couchage ne soit  pas vécue comme une intrusion par un agresseur. 
• Apprendre au chiot le panier au moment où il est fatigué, après une longue promenade ou un jeu prolongé, afin de se mettre en situation de réussite.
• Se mettre à côté du panier et appeler le chien en s’accroupissant, ou en lui lançant un jouet dans le panier, et en prononçant un mot comme « panier » ou « couché ».
• Dès que le chien rentre dans le panier, continuer de prononcer le mot en caressant le chien et en le récompensant. 
• Ne pas exciter le chien, une fois dans le panier, avec un jeu. 
• Le caresser longuement dans le panier pour le détendre, voire l’endormir.
• Au début ne le caresser que dans ce lieu afin de l’inciter à y aller facilement sur ordre. 
• Bannir tout ordre autoritaire, avec un renvoi menaçant vers le panier ; l’humain risquerait d’être perçu comme un agresseur par le chien qui ne le laissera pas s’approcher du panier.

DÉSENSIBILISER LE CHIEN AUX PEURS DE LA RUE

Le chien a souvent peur de la rue parce qu’il n’a pas été habitué à fréquenter les lieux riches en bruits et en mouvement dès son plus jeune âge. Pourtant si le chien n’est pas encore trop vieux, le désensibiliser est réalisable. Cela demande de la méthode et un important investissement en temps.


À ne pas faire : 

 
Tirer sur la laisse pour obliger le chien à avancer. 
Prendre le chien dans les bras et le soustraire à la situation en le caressant et lui parlant doucement pour le rassurer : cela renforce les réponses de peur. 
Le sanctionner en donnant un coup sec sur la laisse ou en criant un ordre quelconque. 
Arrêter de le sortir quand les réponses empirent : cela n’a aucune chance de l’habituer à la rue. 
Aucune méthode n’est bonne en situation bloquée de peur, quel que soit le type de réponse produite par le chien (fuite, panique, immobilisation, tremblements, gémissements). La bonne méthode : agir en amont, avant que le chien ait peur.  


À faire : 


Désensibiliser par habituation et contre-­conditionnement en superposant deux techniques : 
 

1 - Habituation :

Cela consiste à exposer le chien au stimulus de la rue de façon fréquente mais à faible intensité, et à augmenter progressivement l’intensité en vérifiant toujours que le chien n’exprime pas de réactions de peur. 
• Faire des sorties fréquentes, plusieurs fois par jour si possible. 
• Faire des sorties courtes la première semaine, puis de plus en plus longues. 
• Faire des sorties exclusivement dans des lieux calmes pour ne pas déclencher de réponse de peur. 
• Procéder par paliers : une à deux semaines dans le même lieu à la même heure. Répéter la sortie jusqu’à ce que le chien montre un état de détente observable. Regarder la position de la queue qui est un bon indicateur de bien-­être. 
• Puis une à deux semaines dans le même lieu à une heure légèrement plus passante. Observer sans cesse les réactions du chien. Maintenir le palier jusqu’à la détente complète du chien. Si le chien se bloque en réponse de peur, repasser au palier précédent. 
• Ainsi de suite, changer légèrement et partiellement le trajet de la promenade par paliers.
• L’essentiel est de s’adapter aux réponses du chien, et ne pas vouloir brûler les étapes.  

 
2 -­ Contre-­conditionnement : 

Cela consiste à associer un stimulus fortement agréable au stimulus de la rue, afin que le chien oublie ce qui lui fait peur en étant absorbé par ce qui lui fait plaisir. 
• Repérer une activité fortement motivante pour le chien : jeu de balle, jogging, jeu avec un congénère, attraction pour la récompense alimentaire. 
• Par exemple, démarrer un jeu et exciter le chien au maximum à l’intérieur de la maison. 
• Jouer intensément en ouvrant la porte de l’appartement. 
• Continuer de jouer entre l’appartement et le palier. 
• Maintenir le jeu sans arrêt en progressant vers l’extérieur. 
• Repérer que le chien est toujours occupé par le jeu. S’il commence à remplacer des comportements joyeux par des attitudes de peur, repasser vers l’intérieur de l’appartement. S’il semble absorbé par le jeu, continuer vers la sortie et jouer dans les parties communes. 
• La première semaine, se contenter d’assurer le jeu entre l’appartement, les parties communes et l’entrée de l’immeuble, puis rentrer à l’appartement en jouant et poursuivre le jeu encore quelques minutes à l’intérieur de l’appartement. 
• Progressivement emmener le chien, absorbé par le jeu, de plus en plus loin dehors, et continuer de jouer sur le chemin du retour et dans l’appartement après la sortie. 
• Autre exemple, avec la nourriture, on attire le chien vers l’extérieur avec des friandises très alléchantes de plus en plus loin à l’extérieur. 
• Avec un congénère non peureux du même immeuble, on peut organiser des sorties communes si le chien se laisse bien entraîner à jouer par celui qui n’a pas peur. 
• L’essentiel est ne pas simplement parasiter le jeu, mais s’investir pleinement avec le chien, de façon démonstrative, au risque de passer pour un véritable clown dans la rue. 

APPRENDRE LE RAPPEL AU CHIEN

Le rappel doit être appris dès le plus jeune âge en construisant la relation amicale. Le chien doit avoir très envie de revenir. Le renforcement par la récompense est primordial dans cet apprentissage. Toute la communication est corporelle. Il faut se montrer particulièrement attractif.    
• S’accroupir et appeler le chiot quand il est encore tout près en tapotant les mains au sol.
• Récompenser abondamment le chiot dès qu’il revient.
• Relancer le chiot à s’éloigner en lançant un jouet à proximité puis recommencer à l’appeler et l’inciter à rapporter le jouet. 
• Lancer le jouet progressivement de plus en plus loin. 
• Ne pas attendre que le chiot se fatigue et ne revienne plus pour stopper l’exercice.
• En dehors du jeu de rapport de jouet, appeler le chien quand il n’est pas trop loin au début puis augmenter progressivement la distance de rappel. 
• Ne pas se mettre en situation d’échec au départ en appelant le chien quand il démarre  très  vite  et  part  sur  une  proie  très  attractive. L’appeler quand il commence déjà à venir vous voir, puis quand il est immobile et vous regarde, puis quand il est un peu plus occupé, etc. 
• Répéter l’exercice plusieurs dizaines de fois dans une journée.
• Commencer les exercices en zone calme et sans événement susceptible de distraire le chien et rendre votre rappel inefficace. Démarrer les exercices dans le salon, le garage ou le jardin. 
• Attendre que l’exercice soit très performant avant de le compliquer. 
• Utiliser progressivement un objet faisant un bruit sec et strident (sifflet) pour appeler le chien au lieu de la voix, pour que l’efficacité soit la même à grande distance. 
• La distance et la distractibilité sont deux difficultés à travailler séparément. Commencer par augmenter la distance avant d’augmenter  les  stimulations périphériques. 
• Travailler le rappel en même temps que la mise en place de la relation amicale à la maison, afin d’être un excellent référent positif pour le chien. 
• Plus la distance augmente, plus la récompense à l’arrivée doit être forte. 
• Si le chien tarde à revenir, ne pas perdre patience, mais le récompenser encore plus chaleureusement à son retour. 
• Ne jamais punir le chien en situation de rappel, même s’il ne revient pas.
• Utiliser éventuellement une longe (cordelette de 5 à 10m) et laisser le chien s’éloigner un peu puis le rappeler. Si le chien ne revient pas mais continue en sens inverse, tirer légèrement d’un coup sec pour le stopper (stimulus disruptif et non punitif) et attirer son attention, puis l’appeler à nouveau très joyeusement. 
• Éviter de rappeler le chien uniquement en fin de promenade au moment où l’on va le remettre en laisse. Il associerait le rappel à un bridage, donc une punition et tardera à revenir. 
• Exiger un retour complet et non une approche à distance, en récompensant le chien uniquement quand il est tout près du maître. Si le maître dit « c’est bien » trop tôt, le chien repart aussitôt. L’erreur est de courser le chien à ce moment. 
• Varier les personnes qui rappellent le chien et diversifier les lieux de façon à généraliser la performance de l’exercice en toute situation.

COMMENT ORGANISER LES REPAS DU CHIEN ?

Comment donner à manger à son chien ? Il n’y a pas de recette unique pour tous les chiens. Et les vieux conseils qui consistent à ordonner que le chien mange obligatoirement seul, en temps limité et isolé des personnes sans recevoir à la main sont totalement faux et désuets. 

QUEL MOMENT IDÉAL?

1er jour d’adoption : ne pas donner à manger tout de suite au chien dès l’arrivée dans la maison. Laisser le chien prendre connaissance des lieux avant de lui proposer un repas. Par exemple, si le chien est arrivé le matin, lui proposer un repas vers 17h, et faire une dernière sortie vers 22h.
L’heure du repas est fonction de l’emploi du temps des maîtres ; il ne faut pas être dogmatique.
Il faut préférer une heure plutôt fixe pour un chien craintif et timide afin de le sécuriser et créer un rituel agréable.
Mais il est possible d’établir une heure variable si le chien semble très à l’aise partout et en toute situation.
Libre service pour un chien peu gourmand, mais attention à la surconsommation et au surpoids chez l’animal stérilisé.
Temps limité non obligatoire : peut favoriser une prise alimentaire franche et régulière chez un chien présentant un appétit variable ou faible.
Plusieurs repas par jour si le chien est de grande race et/ou mange très vite pour éviter les gros volumes ingérés très vite. Cela prévient les torsions d’estomac.
Un seul repas par jour si le chien est de petite taille et a une activité soutenue toute la journée en extérieur (ex : journée de chasse). Le moment du repas correspond alors à un moment de retour au calme et de repos. 

QUEL LIEU IDÉAL ?

1er jour d’adoption : laisser l’exploration s’organiser partout, sans limitation. Mais instaurer un lieu calme pour manger.
Quand le chien est bien habitué à sa nouvelle maison, choisir un lieu en fonction du tempérament du chien :
• Calme et à l’écart des bruits si le chien est peureux et quitte la gamelle au moindre mouvement à proximité.
• Dans les lieux de passage et de mouvements ou de jeux si le chien est à l’aise afin d’éviter de construire une zone isolée et défendue.
• A la romaine, repas sur ou à proximité du lieu de couchage. Cela peut constituer une zone « positive », une zone particulièrement agréable, et inciter un chiot à adopter ce lieu de couchage.
 
 Utilisation possible d’un pipolino :
• peut permettre au chien de s’activer à chercher sa nourriture dans un contexte ludique qui déplace le lieu de repas.
• maintient tous les lieux comme source de récompense alimentaire, et maintient une activité de prise orale orientée vers un objet autorisé. Diminue les destructions d’objets interdits.
• peut permettre qu’aucun lieu ne sera défendu.
Il est important d’habituer le chien à pouvoir déplacer l’endroit du repas afin de maintenir une prise alimentaire correcte sur des lieux de vacances, et éviter toute tentative de défense d’un lieu unique.
Débarrasser la gamelle en fin de repas si le chien a tendance à défendre le lieu.

QUELLE MANIÈRE IDÉALE ?

La bonne manière est celle qui associe l’humain à quelqu’un qui offre, qui donne plus, et non à quelqu’un qui prive, qui isole, et qui retire.
La bonne manière est celle qui évite et prévient les agressions autour du repas.
Donner un ordre comme « assis » avant de poser la gamelle permet de transformer le repas en récompense et de lui associer positivement l’humain qui le délivre.
S’approcher de la gamelle quand le chien mange pour y ajouter des friandises, l’habituer à tolérer qu’on mette la main dedans, et à ne pas se méfier de l’humain est essentiel. Les enfants doivent pouvoir passer à côté en caressant le chien, en lui déposant des croquettes supplémentaires. Le chien les associe à un bénéfice supplémentaire. En revanche, il est déconseillé de reprendre la gamelle au chien brutalement pour l’habituer à « ne rien dire ». Certains chiens, dans ces conditions, ne tardent pas à défendre la gamelle au moment où l’on veut leur reprendre.
Habituer le chiot au passage des humains, adultes et enfants, aux mouvements et bruits des humains à côté de lui, quand il mange.

LES RÈGLES DE L’ADOPTION D’UN DEUXIÈME CHIEN

Lorsqu’un particulier possède un chien vieillissant et qu’il cherche à acquérir un deuxième chien, en l’occurrence un chiot, pour prendre le relais, il est bon de comprendre la communication qui va s’instaurer entre les deux chiens. Il est conseillé de ne pas attendre que le chien déjà à la maison soit trop vieux et grabataire pour envisager une telle cohabitation forcée. Un chiot risque de le fatiguer trop, de l’énerver, de déclencher des agressions, ou au contraire de la résignation et un épuisement, devant toutes les activités motrices du jeune.
Parfois l’entente ne pose pas de problème et les deux chiens n’entrent jamais en conflit, mais parfois une compétition apparaît au sujet d’un os, d’une place sur le canapé, d’une caresse avec le maître, d’un passage de porte. Souvent les maîtres interviennent en séparant violemment les chiens et en les sanctionnant ou en retirant celui qu’ils croient être la victime et en l’isolant de l’autre. Ces contextes de communication impossible, de bridage des interactions renforcent les rivalités.
Quelques règles permettent de palier les principaux problèmes :
• Si l’entente est parfaite dès le début, ne pas vouloir organiser leur vie sociale ou intervenir dans leurs interactions. Laisser l’ajustement se faire naturellement.
• Lorsque l’on décide d’adopter un chien supplémentaire, le chien déjà présent dans le foyer est parfois intolérant. Cela est normal. Il ne s’agit pas d’une pathologie mais simplement d’une mésentente.
• Des bagarres peuvent éclater comme dans une fratrie, entre frères et sœurs, pour un objet, une friandise, une gamelle, un passage de porte, un câlin ou une caresse du maître.
• Ne pas juger l’un des chiens ou les deux. Ne pas moraliser la situation.
• Repérer le chien déclencheur, souvent le nouvel arrivé et le plus fougueux.
• Établir des règles strictes pour l’obtention d’une ressource ou la circulation dans la maison ou l’attention des maîtres.
• Donner à chaque chien un rôle différent. L’un, souvent le plus ancien et le plus calme, sera prioritaire pour obtenir le repas, le fauteuil, le passage de la porte, le câlin.
• Décider de la priorité pour ce chien et s’y tenir. Mettre le déclencheur en état d’effectuer un ordre avant que la situation à risque n’apparaisse. Par exemple, faire asseoir le chien déclencheur avant de passer la porte. Faire passer l’autre chien, puis celui qui a dû s’asseoir. Le récompenser. Le chien non prioritaire apprend que la priorité est accordée à l’autre mais que la récompense d’avoir céder la priorité est pour lui. Il réapprend des nouvelles règles qui lui sont favorables.
• Toute situation qui risquerait de générer une compétition doit être réglée d’avance pour éviter la compétition. En rendant toutes les situations prévisibles, on diminue le stress des chiens et on en rend toutes les issues connues. Il ne s’agit pas de dominance mais de règles qui, une fois établies, permettent de supprimer tout scénario surprise.
• Si le chien déclencheur présente un niveau d’activité motrice supérieure à l’autre (plus jeune, plus fougueux) : 
  -­ le sortir séparément de l’autre chien, le faire courir, le faire rencontrer d’autres chiens pour qu’il ait l’occasion d’ajustements sociaux variés. 
  - le faire travailler en obéissance séparément du chien plus calme (Agility, K9 Games)
  -­ le faire jouer seul avec des objets à déchiqueter ou des Kong remplis de nourriture, qui vont l’occuper pendant longtemps. Cela lui apprend à ne pas être trop motivé à rivaliser avec l’autre chien. Cela lui apprend à s’occuper seul. 
   - séparer les deux chiens lors de l'absence des maîtres, s’ils doivent rester enfermés dans un espace restreint. Les laisser libres ensemble s’ils peuvent rester à l’extérieur ou dans un espace très large où leurs explorations peuvent être dissociées.

L’APPRENTISSAGE DU SUIVI NATUREL SANS LAISSE

De nombreux propriétaires aimeraient se promener avec leur chien sans être obligés de le tenir en laisse, sans l’obliger à rester au pieds, mais en étant sûr que le chien ne va pas trop s’éloigner et revenir rapidement en cas de danger. Le but est d’apprendre au chien à préférer se promener avec son maître que sans son maître.
La méthode est simple :
• Établir préalablement un lien de confiance et une relation basée uniquement sur le renforcement positif.
• Faire ceci est simple dans son principe : il est essentiel de procéder exclusivement par renforcement positif dans l’ensemble des interactions entre l’homme et le chien et d’établir en amont une relation de type confiance-­autonomie solide.
• Il faut commencer d’abord des promenades dans des lieux peu stimulants où le chien aura peu de motivation à quitter son propriétaire.
• On démarre avec un jeu très apprécié du chien (lancer d’objets, course ensemble) en canalisant son attention. Le maître doit être l’élément essentiel de son plaisir.
• Brusquement, le maître se cache pour stimuler le chien à le retrouver puis à ne plus le perdre.
• On recommence le jeu plusieurs fois jusqu’à ce que le chien s’attache très positivement à la présence de son maître.
• Puis marcher sans interagir avec le chien.
• Il ne faut surtout pas l’appeler sans cesse, cela apprendrait au chien que c’est le maître qui cherche à ne pas le perdre. C’est à lui à rechercher son maître.
• Ensuite, il faut alterner quelques minutes de jeu commun puis quelques minutes de marche sans interaction. C’est cette alternance qui soude l’envie du chien de ne pas quitter l'humain.
• Si le chien s’attarde à flairer une zone, il faut continuer de marcher. C’est au chien à écourter son exploration.
• Au moment où le chien rejoint en courant son maître, surtout ne pas le récompenser. Cela alimente une frustration de contact.
• Puis il faut capter à nouveau son attention et initier à nouveau un jeu.
• Il faut démarrer le jeu au moment où il aborde un lieu plus stimulant de façon à créer une concentration du chien sur vous. Le plaisir à jouer avec son maître doit être supérieur à celui d’aller voir ailleurs.
• Inversement il convient de se cacher ou stopper le jeu au moment où l’on aborde un lieu plus calme. Le chien s’aperçoit qu’en dehors de son maître, il y a peu de choses intéressantes.
• Il faut répéter l’exercice tous les jours et commencer à varier les lieux lorsque le chien est devenu très proche de son maître.

APPRENDRE LA PROPRETÉ AU CHIEN

L’apprentissage de la propreté doit se faire dès l’âge de deux mois sans aucune coercition. Il faut commencer le plus tôt possible. L’usage de tapis de propreté dans la maison apprend au chiot à ne jamais faire dehors, car cela l’incite à s’exonérer dès qu’il en a envie sans se retenir et le renforce à faire à l’intérieur.

 • Dès l’âge de deux mois, sans attendre la fin des vaccinations, il faut sortir le chiot partout pour l’inciter à faire ses besoins sur des sols variés dehors. Il n’est pas raisonnable de le garder isolé du monde extérieur sous prétexte qu’il n’est pas totalement vacciné car les maîtres lui apportent autant de microbes de la rue que s’il allait lui-même dehors.

• Vérifier que le chiot fait spontanément ses besoins à distance du lieu où il dort. Ceci est un apprentissage naturel. En principe, l’animal ne reste pas à proximité de ses déjections.
• Sortir le chiot toutes les deux heures, surtout après une phase de repas, de sommeil ou de jeu. Cela correspond à un rythme physiologique d’élimination.

• Le laisser explorer l’extérieur sans vouloir maintenir son attention en lui parlant trop.
• Dès qu’il commence à faire pipi, s’approcher et répéter un mot comme « pipi » pendant toute la durée de l’élimination, tout en le caressant.
• Puis répéter le mot « pipi » à chaque promenade avant qu’il ne fasse pipi, afin qu’il finisse par faire sur ordre dans n’importe quel lieu.
• Dès qu’il a fini, le récompenser chaleureusement et systématiquement pendant plusieurs semaines, puis de façon aléatoire lorsqu’il devient propre.
• Aucune sanction à l’intérieur : toujours trop tardivement appliquée et inefficace.
• Ne jamais mettre le nez dedans : c’est une erreur éthologique puisque cela ne constitue pas une stimulation désagréable pour un chien, donc ne peut faire office de sanction.
• Nettoyer hors de la présence du chien, pour éviter de provoquer un renforcement.
• Patience et constance dans les sorties et les renforcements.
• Ignorer les méfaits du chien et attribuer de l’importance à ses comportements désirables.
• Le soir, prévoir une dernière sortie tardive et longue pour permettre une exonération complète et favoriser un bon sommeil sans réveil nocturne pour les besoins.
• Faire dormir le chiot près des maîtres les premières semaines pour entendre ses manifestations nocturnes s’il veut sortir.
• S’il n’est pas possible de le maintenir dans la chambre, installer le chiot dans un espace restreint la nuit (cage de transport) pour l’inciter à se retenir.
• Nettoyer avec du savon de Marseille et rincer avec du vinaigre d’alcool les déjections afin de neutraliser au mieux les marques olfactives laissées par les urines au sol.

APPRENDRE LA MARCHE EN LAISSE

La marche en laisse s’apprend dans les semaines qui suivent l’adoption, sans coercition. Elle peut s’apprendre à tout moment de la vie du chien. Elle nécessite seulement de la rigueur et de la patience. Il faut répéter l’exercice tous les jours, plusieurs fois par jour.
• Habituer le chiot au port du collier indépendamment des sorties jusqu’à ce qu’il le porte sans réaction. 
• Habituer le chiot au port de la laisse après le collier afin qu’il s’habitue à cet objet. 
• Vérifier que le chiot n’a pas peur de la rue. Éventuellement désensibiliser le chiot aux peurs de la rue avant d’envisager l’apprentissage de la marche en laisse. 
• Commencer les exercices dans le salon, le garage ou le jardin. Éviter toute autre stimulation au démarrage. Si le chien est de tempérament très actif, le fatiguer avant de commencer l’exercice (courir, jouer).
• Utiliser le bon matériel : un collier cuir ou synthétique ou métallique à mailles, une laisse non métallique (silencieuse et légère) cuir ou synthétique d’environ un mètre de long. 
• Eviter les laisses à enrouleur qui n’envoient aucune information et sont proscrites pour cet apprentissage (elles apprennent au chien à tirer). 
• Faire asseoir le chien dans le calme et enfiler le collier puis le caresser. 
• Maintenir le chien assis et accrocher la laisse puis le caresser. 
• Ne démarrer que si le chien est calme. Sinon l’ignorer jusqu’au retour au calme. 
• Démarrer en mettant un pied devant l’autre et regarder la réaction immédiate du chien. S’il tire et tend la laisse, le stopper de suite, et tirer un petit coup sec pour déstabiliser le chien et le stopper. 
• Recommencer le démarrage et regarder la réaction du chien. En général, il regarde en direction de la main de l’homme qui a donné un coup sec et hésite à démarrer trop vite. 
• S’il tire à nouveau, recommencer comme précédemment. Sinon lui parler doucement et le féliciter d’avancer sans tirer. 
• Regarder toujours le chien en lui parlant. 
• Dès qu’il tire, tirer un coup sec en disant « non » au-dessus de la tête du chien, puis recommencer plus lentement. 
• Noter la progression du chien dans l’attention qu’il vous porte.
• Pendant l’apprentissage, ne rien faire d’autre et se consacrer au chien. 
• Il faut quelques minutes à un chien pour apprendre la marche en laisse si la bonne technique est appliquée, avec rigueur et patience. 

L’APPRENTISSAGE DE LA TENUE DE PLACE

APPRENDRE À S’IMMOBILISER ET CONTRÔLER SON IMPULSIVITÉ EST LA BASE DE TOUTE VIE COMMUNE ENTRE LE CHIEN ET L’HOMME 
 
En toute situation, cela permet d’avoir le contrôle sur le chien, et de lui apprendre à ne pas produire des comportements gênants comme foncer à la porte en aboyant, sauter sur les invités ou les maîtres à leur retour, se précipiter sur des personnes et renverser des enfants, bondir sur les congénères. 
Cela oblige aussi le maître à contrôler son chien à distance, autrement qu’en le retenant physiquement. 
Cela permet d’apprendre au chien à rester à distance et au maître à communiquer à distance.   
• Apprendre préalablement le « assis » et « couché ». 
• Faire coucher le chien sur une zone définie. 
• Regarder le chien en le montrant du doigt et en prononçant un mot comme «pas bouger».
• Reculer lentement en continuant de regarder le chien et de le désigner du doigt. 
• Cette désignation visuelle maintient l’attention du chien.
• Le chien doit se concentrer sur votre doigt pointé qui peut être perçu comme une légère menace à laquelle il répond par l’immobilité.
• S’éloigner progressivement sans aller trop loin au début. 
• Si le chien quitte sa place, ne pas sanctionner ni le renvoyer à cette place, mais simplement le ramener sur place et le refaire se coucher. 
• S’éloigner à nouveau et arrêter l’exercice avant que le chien perde patience et se déconcentre. 
• Répéter de nombreuses fois sans vouloir aller trop vite dans la progression de la difficulté.
• Ensuite, s’éloigner et ne plus regarder le chien. Revenir et s’éloigner à nouveau. 
• Puis  augmenter la difficulté en passant à côté du chien sans lui parler et s’éloigner, passer à côté et lancer un objet à proximité, enjamber le chien et repartir. 
• Enfin stopper l’exercice en allant vers le chien et le récompenser. 
• Ne pas terminer l’exercice en appelant le chien pour qu’il quitte sa place, car le chien finira par anticiper cette fin et revenir en quittant sa place avant l’ordre, donc désobéir.

APPRENDRE AU CHIEN À AIMER LA VOITURE

LE CHIOT NE DOIT PAS ÊTRE MALADE OU AGITÉ EN VOITURE

Éviter toute sensibilisation par une première expérience négative comme celle du premier trajet qui le sépare de sa fratrie, ou celle du premier trajet qui l’emmène chez le vétérinaire.
Commencer l’apprivoisement à la voiture dès l’élevage si possible, avant l’âge de deux mois.
A l’arrivée dans la famille, familiariser le chiot à la voiture avec un jeu dans la voiture, de la nourriture cachée dans la voiture et des caresses dans la voiture sans rouler.
Quand le chiot se montre attiré par la voiture, l’installer confortablement et le caresser.
Démarrer et continuer de le caresser.
S’arrêter cent mètres plus loin et sortir. Jouer. Remonter. Rouler en le caressant.
S’arrêter et sortir. Jouer. Etc.
Le chien ne doit vivre aucune peur ni aucune expérience traumatisante.
Ne jamais forcer le chien à monter. S’il a peur, commencer à jouer autour de la voiture puis orienter progressivement le jeu à l’intérieur.
Procéder toujours avec des renforcements positifs forts. S’aider au besoin d’un autre chien qui pourrait entamer un jeu avec votre chien à côté ou dans la voiture.
Respecter le rythme du chien pour vaincre sa peur.
Les exercices d’acclimatation à la voiture doivent être réalisés tous les jours. Sinon aucun progrès ne pourra se produire.

NOUVEAU CONCEPT

L'école du comportement : une séance de formation pour que les maîtres apprennent à éduquer eux-mêmes leur chiot.

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